La playlist du dimanche soir retrouve en effet sa programmation normale : le dimanche soir.

Une petite playlist en mode “vénère” parce que c’est sûr que votre boss va vous les briser menu demain!

50 Cent                                                           Movin’ On Up

Wu Tang Clan                                               Iron Flag

Swollen Members                                      Prisoner of Doom

Kanye West                                                   Hell of a Life

Le Klub des Loosers                                  De l’Amour à la Haine

Nas                                                                    You Can’t Kill Me

Dj Muggs Vs The Gza The Genius          General Principles

Eminem                                                           Still Don’t Give a Fuck

Passi                                                                  Les Flammes du Mal (Ma 6-T va craquer)

NTM                                                                    Mais qu’es-ce qu’on attend pour foutre le feu?

Orelsan                                                              Jimmy Punchline

Raphaël, Rocca                                            Sous un grand ciel gris

Zion I feat Talib Kweli                                Temperature

 

Allez, mettez votre casque sur vos oreilles, ne crachez pas à la gueule de votre patron, et laissez passer la journée de lundi…

 

PS: oui oui il n’y a que du rap, c’est bien fait pour vos oreilles de Hypsters habituées à de la Pop bien pensante!

Oldies

Posted: 16 février 2012 in Mes Textes
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Pour enterrer votre St Valentin, réussie ou ratée, seul(e) ou à deux, un vieil article de 2007 déterré:

My Funny Valentine

Il est assez rare que je m’épanche sur mes impressions footballistiques sur ce blog. Je souhaite pourtant faire une petite exception pour vous parler de la récente Coupe d’Afrique des Nations.

Impressions bizarres à propos de cette CAN, dont je n’ai vu quasiment aucune image. Merci Orange Sport. Je sais que cette compétition intéresse peu mes compatriotes, mes amis amateurs de football. Pour la plupart, ils espèrent une élimination rapide des grosses équipes pour voir revenir rapidement les joueurs dans leur équipe fétiche de Ligue 1 ou d’ailleurs. Camille me dit, “la CAN, R.A.F” (rien à foutre). Désolé je te cite Camille parce que j’ai été un peu choqué par ce manque d’intérêt.

J’ai beaucoup de souvenir de la CAN, des matchs agréables, sur un rythme intermittent, “à l’Africaine”, avec des accélérations fabuleuses, des coups de génie, des rebondissements. Je me rappelle d’un samedi soir à plancher sur une anale du concours de chimie de l’E.N.S., devant un match du Sénégal, pendant la CAN 2004, dans un bistrot de St Lazare, en attendant un train qui ne venait pas. Je me rappelle du Nigéria de JayJay Okocha, de la finale Cameroun – Nigéria perdue injustement aux tir au but en 2000. Bref, plein de souvenirs, de bons souvenirs de football.

Voilà, cette année, une victoire surprise (la Zambie), de la dramaturgie (Didier Drogba l’idole d’un peuple qui manque un pénalty), des flops (Sénégal), des tops (comme le Mali). Bref, ce que je regrette, c’est de n’avoir vu aucun match sur ma télévision.

Un plaidoyer pour que cette compétition soit, en Europe, un peu plus respectée.

Parfois, les gens ont des idées bizarres… Comme par exemple se marier en février. C’est grâce à ce genre d’idée magique qu’S et moi nous retrouvons en Normandie sur notre 31 en pleine vague de froid. C’était le mariage du frère de mon meilleur pote. On va dire pour rester poli que nous étions des guests de seconde zone.

On peut se marier au mois de février et avoir de la chance, profiter de conditions climatiques favorables, ou se prendre en pleine gueule la pire vague de froid de l’hiver. Pas de chance quoi. Bien sûr, le weekend commence par un retard de TGV, qui trouve le moyen de s’arrêter trois fois entre Grenoble et Paris. Résultat : une demi-heure de retard. Et notre plan transport qui tombe à l’eau (les parents du marié devaient nous récupérer sur Cergy). Brainstorming téléphonique, je me retrouve avec le mari de la marraine du marié (vous suivez?) au out du fil qui me dit de passer chez son frère récupérer les clés d’une voiture et de le retrouver au rer A gare de Lyon. Je regarde S incrédule “c’est quoi ce jeu de piste?”. Le plan se simplifie. Il nous retrouve chez son frère. Et voilà comment nous nous retrouvons dans la salle de bain d’un type inconnu dans un appartement du XIe pour nous changer. Puis on viens nous chercher. Ballade en twingo dans Paris, avec anecdote sur Napoléon III et Louis XVI. Nous récupérons ensuite sa femme (la marraine) dans le XVIe. Direction la Normandie, ce n’est pas dit que nous soyons dans les temps. La messe est à 15h. Je sais que ça va être méga tendu. Nous discutons art moderne et pharmacie avec nos compagnons de route du jour. Même si nous arrivons en retard de 15 minutes, le voyage a été plutôt distractif.

L’église est froide. La messe est froide. J’ai froid. J’ai l’impression de chanter tout seul. S à côté de moi, est littéralement congelée. J’aperçois Beck avec sa guitare à gauche de l’autel. Il semble s’ennuyer autant que nous. J’aurais signé pour une bénédiction de 45 minutes. Pas de bol, c’est une messe d’1h30. Il y a un autre mariage ensuite. On est donc forcé de sortir par la porte latérale. Ca fait un peu préfecture débordée que célébration joyeuse. Je prends des photos en sortant avant que mes doigts gèlent. S et moi nous réfugions au bistrot du coin : ” un chocolat et un café crème s’il-vous-plait”. Février c’est vraiment pas le mois pour se marier. Nous repartons direction le cocktail avec nos conducteurs du jour. La porte passager de la twingo ne veut plus fermer. Nous nous trompons de route et le GPS nous fait tourner en rond. Nous riions de ces péripéties, et nous parvenons finalement sur le lieux du cocktail.

Au cocktail tout va bien, je retrouve des connaissances, Lise, Claire, ma prof de math de 5e (une lointaine cousine du père du marié). Beck (mon meilleur pote) est très content de notre arrivée (ennui profond et obligation familiale). Il m’envoie sa cousine de 17 ans qui veut des renseignements sur ma prépa. Je parle de ma vieille guerre comme un ancien combattant. Je rate du même coup les st jacques poêlées et les brochettes de thon. Heureusement que S m’approvisionne en champagne. Le repas est plutôt bon, mais c’est un peu juste pour des gens qui n’ont pas mangé le midi (forcément avec tout ça on a pas eu le temps de manger ce midi). Le dessert, lui, est franchement décevant (une ardoise désertique parsemées de fruits pas du tout de saison). Beck va se coucher, S et moi nous dirigeons vers la piste de danse. On s’amuse un peu mais on a l’impression de participer à une soirée d’étudiants en médecine où on se serait incrustés (les mariés font tous deux des études de médecine). A 2h15, nous déclarons forfait. On se couche à deux dans un lit une place disposé sur le palier(on avait promis de nous loger, et on s’est trimballé des duvets pour rien). A 6h45, on se fait réveillé par une armée de saouls (Chris et Seb dédicace si vous lisez ça), et S. me demande “c’est quoi ce bordel?”. Nous pensions que seuls les parents des mariés et Beck dormaient là… mais apparemment, tous les potes de médecine sont dans les murs, et font un bordel de malade, alors qu’il y a des enfants qui dorment dans les chambres. Au “c’est quoi ce bordel” de S, la mère de la mariée, un peu éméchée, qui passe par là, nous incendie littéralement “comment ça c’est quoi ce bordel? et bien on revient de la noce et puis c’est tout, c’est vraiment irrespectueux de votre part, si vous n’êtes pas content, vous avez qu’à dormir dehors dans votre voiture (on n’en a pas), il fait – 10°C” (elle gueule). On est relativement choqué par la scène, (il faut croire que la bienséance se perd dans la pseudo bourgeoisie catholique bien pensante), en fond sonore les cris des bourrés d’en bas. On croit rêver. Je ne réponds pas. S n’en revient pas de tels propos.

8h30, les petits se réveillent, ça pleure dans les chambres. On est un peu coincé sur notre pallier, avec tout le monde qui passe dans tous les sens dans l’indifférence la plus globale. Dehors 10cm de neige. On prend le petit dej’ avec ceux qui ont bravé les conditions climatiques. Puis Beck nous ramène à Cergy. On squatte 1H30 sur place, à débrieffer le weekend tous les trois, et puis nous rentrons sur Paris pour prendre notre train.

On se rappellera de ce mariage au mois de février, dans le froid et sous la neige. La conclusion du weekend reviens à S : “la prochaine fois, on louera une voiture et on prendra une chambre d’hôte”

Ça aurait probablement atténué le côté apocalyptique du weekend.

Revenons un peu en arrière voulez-vous? Le réveillon de la Saint Sylvestre, l’événement le plus implanifiable de l’année, est parfois l’occasion de réunir pas mal de vieilles connaissances.

Heureusement ce n’était pas une soirée déguisée. Tu avais toujours eu horreur de te déguiser, ça te rendait mal à l’aise, et cet inconfort te rappelait l’adolescent mal dans sa peau que tu avais été. Tu avais donc opté pour une chemise couleur framboise écrasée, comme Colin Farell dans Phone Booth. Tu avais toujours été fan de Colin Farell même si tu ne comprenais pas toujours les critiques négatives à son encontre. Ton jeans te serrait moins qu’un costume de superman et tu en étais plutôt content. Il y avait du monde dans cette soirée. Tu buvais un martini quand la musique est partie sur Robert Palmer “I didn’t mean to turn you on. Tu l’as vue sur la piste au milieu du salon, danser comme si elle était seule au monde. Tu te rappelais qu’elle t’avait toujours plu au lycée mais que tu n’avais jamais osé l’aborder à cette époque. Tu avais fini ton martini et tu avais été cherché deux coupes de champagne. Tu lui avais souris en lui tendant un des deux verres, à la fin de la chanson.

Vous aviez discuté, toi appuyé contre le chambranle de la porte du salon, elle debout en face de toi, tournant le dos à la salle. Tu avais oublié ta nervosité. Elle riait. C’était peut-être le champagne ou bien toi, mais peu importait. Tu l’avais enlacée sur “I love you” de VV Brown. Vous aviez dansé lentement, comme si tout s’était arrêté, comme si le monde n’existait pas. Et puis elle avait pris le dessus, elle t’avait attrapé le bras, et dans un frisson, t’avais tiré jusqu’à la cuisine. “Wait a little while” de Deportivo parvenait à tes oreilles. Tu te demandais de quand datait ce titre. Puis vous aviez piqué quelques bières dans le frigo, tu chantais “one more beer” de la Maison Tellier dans ta tête. Elle avait presque couru dans l’escalier qui montait au premier. Tu aurais presque manqué te casser les dents en loupant une marche (“I love the sound of breaking glass” Nick Lowe). Mais la malchance du lycée t’avait définitivement quitté.

Vous vous étiez enfermé dans la salle de bain, “pour s’arracher à l’agitation ambiante” t’avait-elle glissé dans un murmure. Elle avait décapsulé deux bières sous la poignée d’un tiroir et t’en avait tendu une, avec malice. La porte close étouffait maintenant quasiment la musique qui venait du bas. Vous étiez assis par terre, adossés à la baignoire, l’un à côté de l’autre. Tu buvais ta bière en silence. Elle avait demandé s’il y avait de la musique dans ton téléphone. Tu avais bricolé une playlist dans la précipitation. “Sarah” de Ray La Montagne était sorti la première de l’enceinte faiblarde du smartphone.

“When we first met we were kids, we were wild, we were insects”

Elle avait, aux premières notes de cette ballade, posé sa tête sur ton épaule. Tu avais fermé les yeux, tu avais senti la chaleur de son corps à côté du tien. Tu t’étais enhardi sur Syd Matters feat Ann Brun “Little Lights”, en lui saisissant doucement la main. Elle avait fermé les yeux, s’était laissé bercée, avait serré ta main en retour. Elle avait tourné la tête vers ton visage au son de Eels “that look you give that guy”. Elle savait que c’était ses yeux verts qui te donnaient ce regard-là. Elle était si belle, avec cette mèche rebelle qui lui tombait sur le front. Tu avais rassemblé tes dernières forces, le courage résiduel du lycéen qui avait toujours rêvé de ce moment là, et tu l’avais embrassé. Vous étiez restés un peu dans cette salle de bain, le temps d’écouter General Electric “Gathering all the lost loves”, The Dø “Song for Lovers”.

Ta batterie donnait des signes inquiétant de faiblesse. Tu lui avait proposé de s’échapper de cette soirée. Elle avait acquiescé silencieusement, et tu avais appelé un taxi avec ton téléphone mourant (“Dying Inside” The Cramberries). Vous aviez descendu l’escalier lentement, comme si votre méfait pouvait être découvert, mais personne n’avait remarqué votre absence. Dans le salon, l’ambiance était à la régression new wave, Frankie Goes to Hollywood chantait “The Power of Love”. Elle était partie chercher son manteau, et j’osais espérer qu’elle ne disparaitrait pas comme un mirage.

Vous êtes sorti sans un regard pour les autres participants de la soirée (“Second Sight” Placebo). Vous avez attendu le taxi (“Black & blue” de Taxi) dans le froid, et tu l’as réchauffée d’une étreinte (“Come Close” Common feat Mary J. Blige).

En arrivant devant chez elle, le son de quelques pétards vous rappela que le seuil de la nouvelle année avait été franchi.

“And then you kissed me” The Cardigans